Lors de cette fête si singulière, de nombreuses familles, jouissant de ces retrouvailles avec bonheur, se retrouvaient au grand complet pour découvrir les derniers nés de la lignée.
Chaque enfant qui y venait pour la première fois avait l'honneur de reçevoir un présent de la part de chaque communauté de sorciers. Chamans, Devins, Guérisseurs, Oracles, Elémentaires, tous avaient quelque chose à offrir à toute cette jeunesse qui symbolisait le renouveau du milieu occulte. Bien souvent cette fête était le lieu de nombre de demandes en mariage entre deux jeunes amants. Les deux futurs époux devenaient alors le centre de toutes les attentions. La mariée était vêtu par la doyenne de la célébration selon l'art antique de la communauté à laquelle elle appartenait, ainsi les robes et les coiffes variait selon l'origine de la jeune mariée. Les femmes tziganes avaient pour tendance à se marier en robe noire, qui symbolise le deuil de la vie de jeune fille, tandis qu'une majorité des autres se mariaient en blanc ou en couleurs telles que le rouge ou le orange. Il était de coutume quant au marié de le soumettre à des duels de sorciellerie qui avaient pour but de prouver à la famille de sa bien aimée qu'il était digne de la prendre pour femme. Ainsi devait-il affronter dans la courtoisie le chef de famille ainsi que les frères et oncles de sa future épouse. La cérémonie se déroulait ainsi dans les règles de la tradition, bien souvent à la tombée de la nuit, où les Invoqueurs priaient leurs dieux de leur accorder bénédiction et bienveillance. C'est alors qu'un balai de couleurs s'offrait à la communauté de sorciers lorsque les esprits rejoignaient fort volontiers la cérémonie du mariage. Qu'ils viennent de la forêt, des montagnes, des océans ou des profondeurs de la terre, chacun d'entre eux venait prendre part aux célébrations et se mêlait, le temps d'une soirée, au commun des mortels pour vivre un pur moment d'allegresse.
Pendant cette réunion de sorciers, de nombreux mages venaient afin de présenter leurs jeunes apprentis, tous aussi talentueux et prometteurs les uns que les autres. De jeunes garçons et filles qui, pour la plupart, possédaient déjà tous une grande maîtrise de l'art de la magie. Bien que leurs compétences n'étaient pas encore très variées, tous donnaient le meilleur d'eux même au cours de tournois amicaux qui les opposaient. Une manière instructive et amusante de nouer de nouveaux liens entre futurs mages et d'évaluer leurs progrès.
La fête de la sorcellerie était aussi l'occasion rêver pour les derniers druides du pays de trouver de jeunes prodiges à qui transmettre leur savoir ancestral, s'adonnant à mille et une démonstrations de leurs pouvoirs afin persuader les jeunes générations de la majesté de leur art principalement basé sur la connaissance des plantes et la concoction de potions. Les chiromanciennes tziganes, accompagnées de tout leur vaste clan, déterminaient la destiné de tous ces jeunes enfants venu trouver leur voie, guidées par des parents ou leur tuteurs.
La réunion de l'an passée s'était achevée par un concours de sorcellerie dont la récompense pour les meilleurs exploits, s'était élevée à plus de mille pièces d'or. Une véritable fortune qui fut remportée haut la main par une jeune sorcière dont le prénom, d'origine païen, désignait "talent". Cette jeune fille, issu d'un clan nomade utilisant les pierres du désert comme source de magie, avait littéralement transformé l'occultisme de sa peuplade en donnant naissance à une nouvelle forme de magie qu'elle avait baptisée alchimie, technique directement dérivée de son clan aujourd'hui célèbre grâce à elle. Génitrice d'une nouvelle science occulte, cette jeune nomade était maintenant précepteur de nombreux jeunes enfants dont les aspirations étaient de devenir les meilleurs alchimistes au monde.