Doucement, tiré de l'inconscience par un balancement incessant, blottit contre une masse chaude et rassurante, Ethan ouvrit lentement ses yeux bleus saphir et scruta les alentours. La vision trouble, une silhouette aux longs cheveux blonds se profila devant lui, indécise, incertaine, telle un fantôme. Sous la lumière de la lune décroissante, ses cheveux semblaient d'un blanc pur et ses traits, à demi voilés par la nuit, d'une grande finesse.
- Maman ? demanda Ethan encore à moitié évanoui.
- Tu as entendu Jipps, le môme te prends pour sa mère, ricana une autre voix au fond de la pièce.
- Hé gamin tu es sûr que ça va bien ?
- Où est-ce que je suis ?
Peu à peu, la visibilité d'Ethan devint plus nette. La pièce dans laquelle il se trouvait était toute de bois teinté d'un vieux bleu roi. Au travers les panneaux qui la constituait, la lumière de la lune s'infiltrait discrètement, éclairant avec légèreté les ténèbres de la nuit. Avec peine, le petit sorcier y distingua également d'étranges dunes de sable desquelles poussaient de rachitiques buissons calcinés. De toute évidence, la pièce avançait car le décor changeait sans cesse.
Soudain, une secousse ébranla la pièce de bois qui vacilla de droite à gauche dans un cliquetis de chaîne. Dans le silence relatif qui régnait là l'on pouvait entendre le bruit d'une locomotive à vapeur consumer lentement son charbon.
C'est alors que l'attention d'Ethan fut attirée par ce qui il y avait dans la pièce de bois à ses côtés. Tout autour de lui se tenaient des hommes de tous âges et de toutes corpulences qui le regardaient sortir lentement de sa torpeur.
- Petit tu vas bien ? demanda l'un deux en s'approchant de lui avec une mine inquiète.
- Où est-ce que je suis ? redemanda à nouveau Ethan que la panique gagna soudain. Où est maman ?
Tout en silence, chacun des hommes se lancèrent des regards navrés, puis reposèrent leur attention sur Ethan qui tenta de comprendre ce que signifiait ce lourd mutisme qui faisait battre son petit c½ur à tout rompre.
- Petit, ta mère n'est pas parmi nous, lui expliqua l'homme qu'il avait pris pour Jakesa. Elle... elle n'a pas dû survivre à ce qui vous est arrivé.
Ce fut comme si Ethan reçut soudain un coup de couteau en plein c½ur. La respiration coupée, les larmes lui brûlant ses petits yeux consternés, il fixa l'homme aux cheveux blanc en quête d'un quelconque indice qui trahirais son mensonge. Mais aucun de ceux qui étaient là ne semblaient mentir. Avec désolation et une profonde tristesse tous les hommes qui partageaient la même pièce que le petit sorcier le regardèrent fondre en larme, sans savoir que dire, ni que faire. Instinctivement, le prisonnier sur lequel Ethan s'étendis pour pleurer posa une main réconfortante sur son épaule tandis que certains autres se rapprochèrent pour tenter de consoler sa peine !


