Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> Ultime chance

Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> Ultime chance
Après avoir cheminer d'interminables minutes sans le moindre mot, à la suite du gardien de la mine, des échos de voix lointaines parvinrent aux oreilles d'Ethan qui tendit l'oreille. Des bruits de pioches, de pelles, et des brides de conversation provenant, d'après la langue, d'autres soldats des sables. Mort de peur, mais résolu à ne pas finir ses jours comme un esclave, il lança au bédouin un regard furtif. Par chance celui-ci était absorbé par la flamme de sa lampe qui mourrait lentement au bout de sa mèche. C'était le moment !
D'un seul élan, le petit sorcier fit demi-tour et courut aussi vite que possible dans le sens inverse, là d'où la lumière du désert tranchait les ténèbres de la mine de mercure. A bout de force mais parcourut par une volonté inébranlable, ses petites jambes le portèrent droit devant lui, toujours plus vite. Hors d'haleine, il détalait comme si le diable se trouvait à ses trousses mais il commença à perdre de la vitesse. Son corps refusait d'en entendre plus. Entre deux foulées, qui ne ressemblaient maintenant plus qu'à des petits pas rapides, Ethan regarda derrière lui afin de voir où en était le Bédouin, mais personne ne le poursuivait. Aucune trace du soldat, pas la moindre, comme si il n'avait jamais existé.
Cette fois-ci la peur d'Ethan atteignit son comble. Où et comment cet homme avait-il disparut ? Il n'y avait pourtant aucun autre chemin dans ce long couloir infiniment droit ! Paniqué, mais n'ayant pas oublié son objectif pour autant, le petit sorcier inspira une grande bouffée d'air glacée et se jeta de nouveau vers la sortie qui ne se trouvait maintenant plus qu'à quelques grands pas. Mais à peine se retourna t-il qu'il percuta une ombre qui le saisit violemment par les épaules. Le c½ur battant à plus de mille à l'heure, Ethan se débattit sauvagement avec la force du désespoir, criant le nom de sa mère aussi fort qu'il le pouvait. Il voulait sortir de là, rentrer à la maison, se réveiller dans son lit et oublier cet horrible cauchemar. Mais tout était bien réel ! Le bédouin qui le secouait en essayant de le calmer aussi.

- Restes tranquille gamin ! Ca sert à rien de paniquer.

En dépit de tous les stratagèmes utilisés par le soldat du désert pour calmer Ethan, celui-ci continuait de se débattre comme un diable. Coup de pieds, coup de poings, il ne parvenait cependant pas à toucher le gardien qui, plus fort que lui, bloquait chacune de ses attaques.

- Quand tu te seras épuisé pour rien tu t'arrêteras !

Sur ces mots, le bédouin saisit le garçon par la taille et le jeta sur ses épaules, reprenant sa route vers les entrailles de la mine. L'épaisse couche d'écharpes et de vêtements qui le protégeaient du froid le protégea maintenant des coups que lui portait encore Ethan.
Epuisé par ses gigotements sans fin, le soldat de la mine soupira profondément. La traversée s'annonçait longue et pénible.

# Posté le vendredi 21 mars 2008 17:13

Modifié le mardi 08 avril 2008 08:57

Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> La rencontre avec Cordélian

Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> La rencontre avec Cordélian
Perché sur les robustes épaules du gardien de la mine, Ethan somnolait, fatigué de s'être tant batailler en vain. Toutes ses tentatives d'évasion avaient échouées, et non seulement il était épuisé, mains en plus de cela il avait très froid. Les températures des profondeurs du gisement de cristaux de mercure lui rappelaient les rude nuit d'hiver lorsque ses couvertures de laines ne lui tenaient pas assez chaud. Alors qu'il dormait, une larme perla au coin de son oeil et glissa sur sa joue avant de s'écraser au sol. Il rêvait ! Il rêvait qu'il se trouvait devant un bon feu de cheminer, et que sur le feu bouillonnait une marmite contenait une potée dont seule Jakesa avait le secret.

Soudain il heurta le sol avec fracas. Tiré de son rêve par la douleur et la surprise, Ethan scruta le grand espace dans lequel il se trouvait à présent.
Au centre de ce qui avait tout l'air d'être un grand dortoir se trouvait un immense foyer de pierre qui projetait sur les murs grossièrement taillés par l'homme une lumière ondoyante. La chaleur y était tellement douce que le gardien de la mine, qui surveillait Ethan de très près, retira ses nombreuses écharpes en soupirant d'aise. Alignés contre la paroi froide et humide de la pièce se trouvaient une trentaine de paillasses surmontées de couvertures aux couleurs passées.

- Ta nouvelle chambre ! déclara le bédouin en se débarrassant de sa dernière écharpe. Et que je ne t'entende pas te plaindre une seule fois. Tu bénéficies ici d'un confort absolu. Tous les autres mineurs travaillant à la surface ou dans les autres gisements dorment à même le sol, au milieu de leurs propres excréments.

A cette seule idée qu'il ait faillit subir ce traitement comme tous ses autres compagnons de voyage, Ethan déglutis avec difficulté. Il se sentait chanceux, même si on ne pouvait pas vraiment parler de chance. Tout en s'approchant du foyer à tâtons, craignant une reprise du soldat du désert qui le regardait faire avec méfiance, le jeune sorcier se frotta énergiquement les bras pour se réchauffer. C'est alors que des bruits de pas résonnèrent dans la chambre de pierre, provenant d'un couloir sombre dissimulé dans l'ombre de la roche. L'estomac noué par l'anxiété, Ethan recula d'un pas, les yeux rivé sur le passage duquel surgit tout à coup un mineur suivit par deux soldats de la mine.
Vêtu de hardes sales et imprégnée d'une forte odeur de sueur, le mineur, à la barbe naissante, jeta un regard noir à ses deux guides puis se concentra sur Ethan qui le regardait béatement, comme si il avait affaire à une bête effrayante. A la vue du gamin tétanisé par la peur, aussi blanc qu'un linge propre, celui-ci jeta un ½il interrogateur au gardien de la mine qui s'approcha lentement de lui, poussant énergiquement Ethan dans ses bras.

- Cordélian ! Tu vas t'occuper de ce gamin. Fais en sorte que nous n'ayons pas à la faire nous même, sinon ...

D'un geste explicite, il posa son pouce sur son cou et le traversa en faisant une grimace grotesque. Ethan frissonna. Cette mimique lui suffit amplement pour comprendre qu'il n'avait pas intérêt à gêner de telles manières que ce soit les soldats de la mine sous peine de sérieuses et douloureuses représailles. Au même instant, le prisonnier posa ses deux mains à la fois puissantes et rassurantes sur les épaules d'Ethan. Le regard plein d'audace et de stoïcisme, le mineur soutint celui du gardien de la mine qui, après avoir salué ses deux camarades dans leur langue, pris congé d'eux et s'en retourna dans les galeries froides et humides qui menaient vers la sortie.

- Allez Cordélian emmène le gamin et retourne à ta pioche. Ton travail ne va pas se finir tout seul.

Sans relever la remarque des deux soldats qui fermèrent silencieusement la marche, le prisonnier, ainsi nommé Cordélian, posa la main dans le dos du petit garçon et l'incita du regard à venir avec lui. Etrangement, les yeux de cet homme, d'un bleu gris magnifique, lui inspiraient une confiance quasi aveugle. Il émanait de ce mineur autant de prestance que de noblesse et bienveillance. Une magnanimité qui jurait avec ses loques et son visage couvert de poussière.
Auprès de lui, Ethan se sentit pour la première fois en sécurité depuis qu'il s'était éveillé dans le train de prisonniers. Aussi ne le quitta t-il pas d'une semelle dans le dédale de tunnels dans lequel ils évoluaient à présent, Ethan ne savait où. Cet homme l'intrigait, une curiosité qui frôlait de près l'obsession. A cet instant alors, le petit sorcier se jura qu'il allait devenir son ami.

# Posté le vendredi 21 mars 2008 18:48

Modifié le lundi 24 mars 2008 10:20

Première question pour Lulu Phantasma

Première question pour Lulu Phantasma





Nirendor,qui écrit également une fabuleuse histoire sur son blog, m'a posé ma première question à laquelle je vais de ce pas répondre : Quel âge as-tu ?

C'est une très bonne question me direz-vous !!!

Et bien Nirendor, pour tarir ta curiosité, j'ai 18 ans et demi. J'aurais 19 ans au mois d'Août !

Voilà ! ^^

Bien à vous tous chers lecteurs !

Lulu Phantasma

# Posté le lundi 24 mars 2008 06:24

Fin du Stand By !

Fin du Stand By !
Voilà, les concours sont enfin terminés!

Les auteurs des sujets de cette année nous ont gâtés, et c'est peu dire ! "Mères porteuses", Alcool, Vieillesse, Consomation en téléphonie-mobile... presque toute l'actualité de ce début d'année y était.
Fort heureusement, je pense avoir réussi mes concours, mais pour en être sûre il va maintenant falloir attendre fin Mai. Mais en attandant, le plus réjouissant pour vous, c'est que les aventures d'Ethan, que j'avais mis quelques jours de côtés, vont enfin reprendre.


Merci encore pour vos encouragements de ces derniers jours ! Ca me touche énormément !

Bien à vous tous chers lecteurs

Lulu Phantasma

# Posté le jeudi 27 mars 2008 05:21

Modifié le mardi 15 avril 2008 13:07

Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> " Lliann, Lliann Cordélian."

Chapitre 2 : Sous l'aile des Cordélian -> " Lliann, Lliann Cordélian."
Alors qu'ils avançaient, l'air, de plus en plus glacial, s'emplissait de poussière qui piquait la gorge et les yeux. Etrangement, elle transportait avec elle dans les galeries de la mine comme une sensation menaçante qui pesait lourd sur l'estomac d'Ethan. Ses sens aiguisés lui indiquaient qu'il n'était plus très loin d'un enfer hostile qui n'attendait plus que lui.
A mesurent qu'il approchaient des autres mineurs en plein travail au fond des galeries, les membres de Cordélian se raidirent, son visage devint dur, presque insoutenable. Il en émergea une colère si profonde que Ethan se demanda ce qui pouvait bien lui traverser l'esprit à cet instant. On aurait dit un lion qui s'apprêtait à frapper !
Guidé par ce prisonnier au regard soudain si farouche et par les deux soldats aussi muets que des pierres, le petit sorcier pénétra alors dans un monde qui lui était totalement inconnu, à la fois impitoyable et extrêmement dangereux, plein de douleur et de rudesse. Celui des condamnés aux travaux forcés.
Devant ce spectacle totalement nouveau et effrayant, Ethan s'arrêta net et parcourut du regard les galeries humides et mal éclairées où s'entassaient des dizaines et des dizaines de mineurs au travail, trempés de sueur dans leurs haillons crasseux. A approche du garçon tétanisé par la peur qui observait tous ces hommes avec un expression où se mêlait la pitié et la révulsion, l'un des mineur cessa une seconde de forer afin d'observer ce nouveau venu si différent des autres prisonniers. Amusé par son expression si effrayée, tel un oisillon rencontrant le rusé Renard pour la première fois, il lui décrocha un large sourire édenté. Terrifié par l'aspect de cet homme qui ressemblait à un épouvantail oublié par le temps, Ethan cria et cacha son visage dans les loques de Cordélian qui le guida jusqu'à une impasse au fond de laquelle se trouvait une vieille lampe à pétrole suspendue à la paroi de pierre entamée par la pioche.

- C'est ici que toi et moi allons travailler, déclara Cordélian lorsque les deux soldats du désert eurent repris leur ronde entre les mineurs qui épiaient furtivement le petit nouveau.

Prêt à tourner de l'½il, révulsé par les effluves de sueur et d'urine qui lui remontaient aux narines, Ethan observa son protecteur travailler la pierre. Avec dextérité il usait de sa pioche pour tailler la roche grise qui ne cédait que très difficilement sous ses coups.

- Comment t'appel-tu mon garçon ? lui demanda t'il en lui tendant un morceau de pierre qu'il venait d'arracher à la galerie.
- Ethan !
- Ethan ? C'est un bien joli prénom ! Rare en plus de cela. D'où est-ce qu'il te vient ?
- C'est ma maman qui me l'a donné. Elle s'appelait Jakesa, ajouta Ethan en étouffant un sanglot. Mais les autres « monsieurs » qui étaient avec moi dans le train disent qu'elle est morte.

Tout en regardant Cordélian travailler, Ethan lui raconta comment il était arrivé ici, en omettant comme il l'avait promis tous les détails concernant le monde de la magie. Etrangement, Ethan avait une confiance inébranlable en ce prisonnier qui pourtant n'avait pas grand-chose de plus que les autres. Il avait juste une façon de marcher, une façon de s'exprimer telle que l'on avait envie de se fier à lui naturellement.
A mesure que Ethan lui raconta son histoire, laissant échapper une larme à certains moments tragiques de celle-ci, Cordélian comprit qu'effectivement le petit garçon ne reverrait jamais plus sa mère. Et que, si par miracle celle-ci était encore en vie, elle n'avait que très peu de chance de retrouver son fils. Déplorant cette triste mésaventure qui se terminait pour ce gamin par un allé simple en enfer, il passa une main affectueuse et rassurante dans les cheveux ébouriffés du garçonnet et se promis de le protéger des pièges et des dangers qui le guettaient du fond de cette mine.

- Toi et moi nous allons maintenant devoir se serrer les coudes pour échapper au fouet qui nous attend, expliqua le prisonnier dans un langage digne de la haute cours. Dans moins de quelques minutes ces maudits soldats te trouverons une tâche à accomplir, et là, l'enfer va commencer. C'est pourquoi je tiens à ce que tu fasses exactement tout ce que je te dis de faire au moment précis où je te le dis. Tu es d'accord ?
- Oui monsieur !
- Monsieur ? Non ! Pas de « Monsieur » entre nous. Appel moi Lliann !
- Lliann ? Vous ne vous appelez pas Cordélian ?
- Non, répondit le prisonnier avec un sourire joyeux mais discret. Cordélian est mon patronyme. Je me prénomme Lliann, Lliann Cordélian.

# Posté le mardi 01 avril 2008 16:37

Modifié le jeudi 17 avril 2008 16:25