D'un seul élan, le petit sorcier fit demi-tour et courut aussi vite que possible dans le sens inverse, là d'où la lumière du désert tranchait les ténèbres de la mine de mercure. A bout de force mais parcourut par une volonté inébranlable, ses petites jambes le portèrent droit devant lui, toujours plus vite. Hors d'haleine, il détalait comme si le diable se trouvait à ses trousses mais il commença à perdre de la vitesse. Son corps refusait d'en entendre plus. Entre deux foulées, qui ne ressemblaient maintenant plus qu'à des petits pas rapides, Ethan regarda derrière lui afin de voir où en était le Bédouin, mais personne ne le poursuivait. Aucune trace du soldat, pas la moindre, comme si il n'avait jamais existé.
Cette fois-ci la peur d'Ethan atteignit son comble. Où et comment cet homme avait-il disparut ? Il n'y avait pourtant aucun autre chemin dans ce long couloir infiniment droit ! Paniqué, mais n'ayant pas oublié son objectif pour autant, le petit sorcier inspira une grande bouffée d'air glacée et se jeta de nouveau vers la sortie qui ne se trouvait maintenant plus qu'à quelques grands pas. Mais à peine se retourna t-il qu'il percuta une ombre qui le saisit violemment par les épaules. Le c½ur battant à plus de mille à l'heure, Ethan se débattit sauvagement avec la force du désespoir, criant le nom de sa mère aussi fort qu'il le pouvait. Il voulait sortir de là, rentrer à la maison, se réveiller dans son lit et oublier cet horrible cauchemar. Mais tout était bien réel ! Le bédouin qui le secouait en essayant de le calmer aussi.
- Restes tranquille gamin ! Ca sert à rien de paniquer.
En dépit de tous les stratagèmes utilisés par le soldat du désert pour calmer Ethan, celui-ci continuait de se débattre comme un diable. Coup de pieds, coup de poings, il ne parvenait cependant pas à toucher le gardien qui, plus fort que lui, bloquait chacune de ses attaques.
- Quand tu te seras épuisé pour rien tu t'arrêteras !
Sur ces mots, le bédouin saisit le garçon par la taille et le jeta sur ses épaules, reprenant sa route vers les entrailles de la mine. L'épaisse couche d'écharpes et de vêtements qui le protégeaient du froid le protégea maintenant des coups que lui portait encore Ethan.
Epuisé par ses gigotements sans fin, le soldat de la mine soupira profondément. La traversée s'annonçait longue et pénible.


